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Corona: Sauvons les gens, pas les entreprises

Voici quelques semaines, à quelques jours du salon de l’auto, un patron d’une PME Belge nous appelle « J’ai entendu que vous alliez faire…
Corona: Sauvons les gens, pas les entreprises
Sauvons ces employés, pas en leur garantissant un travail dans une industrie qui détruit notre environnement au profit d’un nombre limité d’investisseurs, mais en leur garantissant un revenu de base pour qu’ils puissent avoir l’opportunité de contribuer à leur communauté.

Voici quelques semaines, à quelques jours du salon de l’auto, un patron d’une PME Belge nous appelle « J’ai entendu que vous alliez faire des actions contre le salon de l’auto avec Extinction Rebellion (mouvement non violent de désobéissance civil pour l’urgence climatique). S’il-vous-plaît, épargnez les affiches publicitaires, c’est nous qui les faisons. Si elles sont endommagées on doit les remplacer à nos frais. On est une petite boite qui donne du boulot à quelques employés peu qualifiés qui ne pourraient trouver du boulot ailleurs. Vous vous trompez de cible. »

Exemple numéro 1345 de pourquoi on doit sauver les gens, pas les entreprises. Notre tissu économique est directement ou indirectement lié à l’industrie du tabac noir (aussi connue sous le nom de l’industrie fossile), directement ou indirectement lié à une société de surconsommation qui détruit nos écosystèmes naturels.

Notre tissu économique est directement ou indirectement lié à l’industrie du tabac noir (aussi connue sous le nom de l’industrie fossile), directement ou indirectement lié à une société de surconsommation qui détruit nos écosystèmes naturels.

Il est tentant dans l’urgence d’appliquer les vieilles recettes et renflouer les caisses des grandes sociétés qui ont un contact direct avec nos représentant.e.s politiques telles que les compagnies aériennes, constructeurs automobiles, etc. Il est tentant de vouloir préserver ce que nous avions et essayer d’y retourner au plus vite. Mais n’oublions pas que ce monde que nous connaissions nous emmenait droit dans un précipice.

« Ne jamais manquer l’opportunité d’une bonne crise » qu’ils disaient. Cette crise est l’opportunité de redémarrer d’une feuille blanche.

Et si nous prenions le temps de faire pause et de réfléchir: avons-nous vraiment besoin de ces entreprises? Pourquoi? Pour préserver l’emploi? Quel emploi? Combien de gens font un burn out dans ces entreprises? Est-ce que ces entreprises appartiennent à ceux qui y travaillent ou à un nombre limité d’actionnaires souvent à l’étranger?

Qui a envie de revenir au boulot pour faire des plans stratégiques qui n’ont plus aucun sens, pour faire des rapports que personne ne va lire, pour augmenter le PIB qui détruit notre planète à grande vitesse. La seule raison pour laquelle on le fait encore, c’est parce que la majorité d’entre nous en n’avons pas le choix. C’est l’esclavage des temps modernes, l’esclavage par le salaire. Il est temps d’en sortir, tous ensemble.

l’esclavage des temps modernes, l’esclavage par le salaire. Il est temps d’en sortir, tous ensemble.

Si comme nous vous avez quitté votre poste d’employé pour devenir indépendant vous avez sûrement déjà fait l’expérience de l’anxiété, mais aussi de la libération qui s’ensuit. Pouvoir enfin travailler sur des choses qui ont du sens pour vous. Fini la dissonance cognitive qui nous sert l’estomac de plus en plus. On peut enfin se sentir droit dans nos bottes, en accord avec nos valeurs et ce dont le monde a besoin pour devenir durable pour nous et nos enfants.

Ce même changement doit s’opérer aujourd’hui au niveau de la collectivité. Ayons le courage de ne pas sauver les vieilles boites. Let it go. Recréons de nouvelles boîtes, une nouvelle économie, plus locale, plus durable, plus résiliente et qui répond aux vrais besoins de nos communautés locales.

Cela demande du courage politique que de pouvoir entreprendre cette démarche, et laisser le passé derrière soi pour ouvrir une nouvelle porte.

Rendons le pouvoir aux citoyens, pas aux entreprises de l’ancienne économie. Recréons une nouvelle économie où prendre soin de ses enfants, de son quartier, de sa communauté feront partie du PIB.

Pour cela, résistons la tentation de sauver nos entreprises. On doit avant tout sauver nos concitoyens et cela de manière inconditionnelle. Qu’importe qu’ils soient employés, indépendants, artistes, au foyer, ou sans emploi. Ils ont tous quelque chose à contribuer à ce nouveau PIB.

Voilà pourquoi le temps est venu d’instaurer un revenu de base universel. Plus de CPAS (Centre Public d’Action Sociale), plus de chômage, plus d’administration lourde et onéreuse qui paie des gens à aider d’autres gens à trouver des emplois qui ne répondent plus à nos besoins, plus de subsides que seules les personnes qui sont au courant et qui sont capables de naviguer les méandres de l’administration peuvent bénéficier.

Simplifions tout. 1.115 euros pour chaque adulte (seuil de pauvreté en Belgique), 200 euros pour chaque enfant. Et reconstruisons l’Europe sur ce nouveau PIB en commençant par notre région, la Belgique.

Note: il y a une pétition qui circule pour instaurer au niveau Européen un revenu de base universel pour gérer cette crise qui a déjà récolté plus de 124.000 signatures: https://you.wemove.eu/campaigns/2020-03-basic-income-FR

Leen Schelfhout
Xavier Damman

Leen et Xavier sont de Flandre et de Wallonie et sont tous les deux parents et actifs dans les différents mouvements pour l’urgence climatique à travers AllForClimate.earth. Leen est également indépendante en tant que facilitatrice en “deep democracy” et Xavier est un entrepreneur dans le monde des startups.